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AWIF, un outil clé au service l’entrepreneuriat féminin en Afrique de l’Ouest

La période récente montre un vif intérêt populaire pour l'entrepreneuriat, et principalement l'entrepreneuriat féminin. Au coeur des enjeux, l’autonomisation économique des femmes dans les pays en développement. Et cela l'organisation AWIF l'a bien compris sous la conduite avisée de sa présidente, Nassirat Kassamou. Une interview exclusive AbidjanPress.com.

C’est à Abidjan, la capitale économique ivoirienne que la présidente de l’Association Women in Finance (AWIF) a reçu l’équipe de AbidjanPress pour parler de l’organisation mais surtout de l’impact des activités de l’AWIF sur la couche sociale féminine en Afrique de l’Ouest. Dans quelques jours c’est bien Abidjan qui accueille l’édition du projet AWIF Accelerator. Un projet singulier sensé booster l’entrepreneuriat féminin en Côte d’Ivoire.

 

AbidjanPress: Qu’est ce qui a motivé l’initiation du projet AWIF ?

J’ai décidé de créer AWIF suite à un constat de l’écosystème féminin ivoirien. En effet en grandissant, je me suis naturellement intéressée aux problématiques liées au genre, en l’occurrence la représentativité des femmes africaines dans les hautes instances de décisions, leur autonomisation économique et le leadership féminin.

C’est au regard des différents problèmes notamment le manque de confiance en soi, absence d’accompagnement et de formation, que j’ai décidé de participer à la résolution de cette situation insatisfaisante.

Vous rencontrez de nombreuses catégories de femmes entrepreneures, qu’est ce qui est le moteur de leur initiative ? La précarité qui les pousse à entreprendre ? Le manque d’emploi ? Ou des prédispositions naturelles et un environnement propice ?

Je pourrais ranger en deux groupes les femmes entrepreneures que je rencontre ou avec qui j’ai l’occasion d’échanger. 

Dans le premier groupe, on retrouve celles qui œuvrent dans le social, l’humanitaire, dont la motivation principale est la volonté d’aider les couches sociales défavorisées (orphelins, handicapés, etc) à travers des dons, parrainages. 

La seconde catégorie regroupe les femmes qui investissent dans des activités lucratives dont les motivations sont multiples entre autres : être autonome financièrement, 

 

Selon vous, quelles sont les erreurs à éviter lorsque l’on entreprend en Afrique et qu’on est une femme ?

En tant qu’entrepreneure féminin, il y a une pléthore d’erreurs qu’il faut éviter. Premièrement, il ne faudrait pas s’imaginer que des opportunités ou des coups de pouce viendront à nous juste parce qu’on est femme et qu’on est « vulnérable ». Il faut plutôt montrer son talent, faire valoir ses compétences, s’armer de courage et être déterminée. 

Deuxièmement, il faut éviter de copier intégralement l’idée d’un autre entrepreneur. Il serait idéal d’apporter une particularité, une solution innovante et meilleure que celles existantes. Voilà pourquoi, il faut bien penser son projet, le tester si nécessaire pour recueillir des avis et axes d’amélioration avant de le lancer.

Troisièmement, j’évoquerai l’accès au financement. A ce niveau, il ne faut pas faire l’erreur de choisir ses partenaires d’affaires sur la base d’affinités. A ce niveau, les critères pour choisir le partenaire idéal sont entre autre la vision, la motivation, le professionnalisme et les compétences de notre associé, sans quoi, le projet ne saurait évoluer sur le long terme. 

Et pour donner un coup de pouce à l’entrepreneuriat vous accompagner ces femmes entrepreneures grâce à des formations. En quoi consistent ces activités concrètement ?

Nous avons développé récemment un programme dénommé AWIF Accelerator. Il s’agit d’un  atelier de formation sur des métiers à forte valeur ajoutée. Au cours de cet atelier, nous faisons appel à des experts, qui viennent partager leurs savoirs et expériences. 

Par exemple, pour l’atelier make up, les participantes auront à leur disposition tout le matériel nécessaire pour apprendre sur le tas. 

A l’issu de la formation, les participantes recevront un diplôme de participation. 

Comment sont sélectionnées les personnes qui interviennent dans le cadre des formations (Formateurs, et participants) ?

La sélection des formateurs s’effectue sur la base de leur histoire, leur expérience dans le domaine objet de la formation et surtout l’impact qu’ils ou elles ont dans leur communauté. 

Concrètement, nous répertorions une liste de formateurs potentiels, s’ensuit des recherches pour sélectionner le formateur approprié. Après ça, on convient d’un rendez-vous pour échanger sur la faisabilité de la collaboration. 

En ce qui concerne les participantes, les candidatures sont ouvertes à toutes les femmes âgées de 18 à 40 ans, qui souhaitent entreprendre ou renforcer leurs acquis dans les secteurs d’activités. 

Qui sont les personnalités invitées (pour cette édition) pour dispenser les formations, et partage d’expériences ?

Pour cette première édition, nous nous sommes penchés sur le parcours de deux jeunes femmes exceptionnelles : Ange  Emmanuelle EFFI qui animera l’atelier couture et Nadine KASSAMOU pour l’atelier make up. Chacune a su nous inspirer par leur détermination à réussir dans un environnement très concurrentiel. 

De nos jours le digital occupe une place importante dans les dispositifs d’entreprise. Comment vous intégrer le digital dans vos formations ?

A AWIF, nous croyons que le digital est un outil merveilleux que toute femme entrepreneure devrait manier, utiliser à bon escient voir même maîtriser. 

C’est pourquoi, nous organisons des conférences pour montrer aux jeunes filles comment utiliser le digital dans la création et le développement d’une entreprise. 

A titre d’illustration, nous avons organisé le 24 novembre dernier « The WOMEN LEADER CONFERENCE » à l’American Space de Yamoussoukro avec un panel axé digital qui fut animé par Paul Roland BENE, Social Média Manager à Totem Expérience. 

Par rapport à tout ce qui fait déjà en matière de promotion et de développement de l’entrepreneuriat féminin en Côte d’Ivoire, quelle est la particularité du concept AWIF ?

AWIF trouve sa singularité dans les ateliers de formation très pratiques que nous organisons.  À la différence de ce qui se fait généralement sur la toile (conférences à thème pour motiver les populations à entreprendre, à trouver du financement, etc.), AWIF innove en formant ces futures entrepreneures aux métiers qui les intéressent. De plus, nous avons mis en place un système d’accompagnement et de suivi des  différents projets, de sorte qu’on puisse aider ces femmes à monter leurs entreprises. 

 

Stéphane Soumahoro

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